Temps de lecture : 3 min
On parle beaucoup de climat en entreprise.
Les objectifs sont là pour beaucoup.
Les plans d’action aussi.
Parfois même des équipes dédiées.
Et pourtant, sur le terrain, ça bloque souvent.
Pas partout. Mais suffisamment pour que ce soit un vrai sujet.
Ce qu'on observe concrètement dans la plupart des organisations où on intervient :
👉 le sujet est porté par quelques personnes courageuses mais à bout de souffle
👉 les équipes sont partiellement sensibilisées et assez peu mobilisées
👉 la compréhension des enjeux et l'engagement restent très variables d’un service à l’autre
Le Climat est reconnu comme important mais il reste souvent traité en silo, déconnecté de la stratégie de l’entreprise.
Où est-ce que ça bloque alors ?
👉 il n’y a pas de compréhension commune du sujet.
Et sans ça :
👉 difficile d’aligner les équipes
👉 difficile de prioriser les actions
👉 difficile de prendre des décisions cohérentes
Quand on prend le temps d'aligner la compréhension au sein des équipes c'est souvent là que quelque chose se passe.
En prenant le temps de :
👉 comprendre les mécanismes du changement climatiques
👉 relier les causes et les impacts, notamment pour l'activité de l'entreprise
👉 partager une même vision, alimentée par l'expertise métier
On arrive enfin à mettre sur la table le vrai sujet : “comment on s’y prend, concrètement, ici, dans notre activité ?”
Un point de départ simple :
Il n’y a pas de solution magique. Mais il y a des points de départ utiles.
Par exemple :
👉 créer un moment collectif pour poser les bases
👉 permettre aux équipes de comprendre ensemble
👉 ouvrir un espace de discussion engageant
C’est exactement le rôle d’outils comme La Fresque du Climat.
En quelques heures, ça permet de :
👉 mettre tout le monde au même niveau en partageant un bon moment
👉 structurer la compréhension des enjeux en s'appuyant sur les expertises de tout le monde
👉 lancer des discussions qui n’avaient pas lieu avant et structurer un véritable plan de match
Et ensuite, le vrai travail vers la mise en oeuvre des solutions peut commencer en s'appuyant sur des alliés partout dans l'organisation.
Et dans votre organisation ?
Si vous travaillez sur ces sujets aujourd’hui, la question est assez simple :
👉 est-ce que vos équipes ont une compréhension partagée des enjeux climatiques ?
👉 ou est-ce que le sujet reste porté par quelques personnes seulement ?
Pour aller plus loin :
Si ces défis résonnent avec vous pour votre organisation :
👉 embarquer vos équipes
👉 structurer votre démarche climat
👉 identifier des alliers et champions en internes
👉 vous pouvez nous contacter ici : formulaire de contact
À propos :
Cet article est proposé par COOP Sens Climat, coopérative de producteurs qui accompagne les organisations dans la compréhension et la mise en mouvement sur les enjeux climatiques, notamment à travers La Fresque du Climat.
Temps de lecture : 3 min
Vendredi dernier, je suis allé au salon de l'entrepreneuriat de Montréal ; entre autres pour vérifier une chose : est-ce que les incubateurs et accélérateurs préparent les jeunes entreprises au climat et à un monde en plein bouleversement ?
J'ai donc fait le tour des structures que je ne connaissais pas encore avec cette question en tête.
Résumé des réponses : aucune n'intègre la dimension de l'adaptation ou de l'anticipation des impacts climatiques. Le plus souvent, la différence entre atténuation et adaptation n'est même pas maîtrisée. Et comme souvent quand je parle de climat, on m'a répondu deux fois... "bac de recyclage."
L'échange le plus édifiant a été avec une sommité de l'entrepreneuriat, qui m'expliquait que l'adaptation revient simplement à faire des plans de contingence — et qu'il ne voyait pas vraiment en quoi il y avait un sujet spécifique.
D'où ce post, pour définir ce qu'est réellement l'adaptation, et pourquoi ce n'est ni de la "contingence", ni un "plan de continuité d'activité."
Qu'est-ce que l'adaptation ?
« L'adaptation est le processus d'ajustement au climat actuel ou attendu et à ses effets afin d'atténuer les dommages ou d'exploiter les opportunités bénéfiques. » (GIEC, 2022, traduction libre)
Quelle est la différence avec un plan de contingence ?
Un plan de contingence est une partie de l'adaptation, celle qui s'attèle aux chocs temporaires qu'on n'a pas su anticiper. C'est un guide de réaction : que fait-on si l'usine est inondée, comment on nettoie, comment on redémarre ?
L'adaptation vise plus largement à faire en sorte que l'usine soit moins exposée et moins vulnérable : comment empêcher l'eau d'entrer, comment fonctionner avec deux pieds d'eau, comment planifier le déménagement progressif des installations, sachant que les inondations vont devenir plus fréquentes à cet endroit.
Le plan de contingence est réactif. L'adaptation est anticipatrice.
Elle demande de comprendre, et de se projeter, pas seulement de réagir une fois l'eau déjà dans l'usine…
Et c'est exactement ce qu'on aide les organisations à comprendre et à construire.
Mickael Brard, 14 Juillet 2026
Temps de lecture : 3 min
Pour faire suite au post d'hier sur l'adaptation : la tendance à l’individualisation de celle-ci.
Depuis fin mai, l'Europe de l'Ouest, et particulièrement la France, enchaîne les canicules et les sécheresses. Les records tombent les uns après les autres : plus de 43°C (humidex 50°) ont été atteints fin juin, record absolu pour le pays.
Alors que "adaptation" et "résilience" deviennent les mots fétiches des plateaux TV et des conférences de presse, je réalise que là aussi, leur sens a été largement dénaturé.
Pour le pouvoir en place, adaptation et résilience sont d'abord individuelles, de l'ordre de la responsabilité du citoyen : fermer ses fenêtres la journée, boire de l'eau, ne pas s'exposer, s'acheter un climatiseur. "On s'adapte, on est résilients, on serre les dents, ce n'est qu'un épisode, tout va s'arranger."
Dans cette bouche-là, adaptation et résilience deviennent synonymes de "subir", de "réagir individuellement", de "patcher."
Or, dans le monde des changements climatiques, l'adaptation signifie avant tout :
prévenir et éviter, plutôt que réagir ;
anticiper et agir malgré l'incertitude ;
éviter la maladaptation (comme la généralisation de climatiseurs individuels);
conserver des options ouvertes, de la flexibilité ;
être incrémentale, mais aussi transformationnelle : changer des normes, des comportements, des lois.
Mais surtout, l’adaptation c’est :
un processus continu, pas un projet ponctuel ;
une approche systémique en priorité
On retrouve ici un schéma classique : dans l'urgence et l'impréparation, on retourne le sens des mots pour se donner l’air prêt. On renvoie la faute sur les individus avec pour effet un accroissement dramatique des inégalités.
Entre l’absence de stratégie d’adaptation systémique et réflexe de l’individualisation, les organisations ont un rôle à jouer pour elles et leur écosystème.
Et vous, vous êtes de l'équipe qui achète un extincteur une fois le feu pris, ou celle qui a débroussaillé avant ?
Mickael Brard, 15 juillet 2026
Temps de lecture : 4 min
Depuis le début des vagues de chaleur en Europe cette année, les ventes de climatiseurs explosent, et le débat se concentre sur cette "solution." Pendant ce temps, des scientifiques et urbanistes qui rappellent que climatiser massivement n'est pas une réponse suffisante se font traiter d'idéologues par des partis qui ont fait de l’ignorance scientifique leur moteur.
Installer des climatiseurs dans les hôpitaux et lieux d'accueil est indispensable. Mais le climatiseur reste une réponse individuelle à un problème systémique. Quelques répercussions observées en Europe cet été :
Événements culturels, sportifs et rassemblements annulés
Tourisme et activités extérieures à l'arrêt
Trafic aérien perturbé : l'air plus chaud, moins dense, réduit la portance au décollage et la charge utile des avions, les orages sont plus nombreux et les activités au sol plus lentes
Rails déformés par la dilatation thermique, asphalte qui ramollit
Rhin à sec : le transport fluvial réduit sa capacité, les coûts sur l'axe Rotterdam-Allemagne ont grimpé de 50 % en quelques semaines
Hôpitaux saturés, au moment même où leurs propres installations peinent à fonctionner
Capacités cognitives réduites, comportements plus agressifs
Sans parler de l'agriculture et des écosystèmes dont dépendent l'eau, l'air et la nourriture
Face à ça, climatiser son salon paraît bien dérisoire.
Autre angle mort : contrairement à l'intuition, l'Allemagne est particulièrement vulnérable. Pas parce que ses étés rivalisent avec ceux du sud de l'Espagne, mais parce que ses infrastructures et ses secteurs clés (construction, logistique, industrie) ont été conçus pour un climat plus frais, sans avoir rattrapé leur retard.
Au Québec, on se sent souvent à l'abri : il fait frais, on a de l'eau. Mais l'adaptation ne se mesure pas en degrés ou en millimètres de pluie; elle se mesure à la capacité de fonctionner dans des conditions différentes. Or nos réponses ont toujours été celles de l'abondance : besoin d'eau, on pompe plus ; trop chaud, on climatise plus.
S'adapter, c'est autre chose : ralentir par périodes, revoir les horaires de travail, l'architecture, l'agriculture.
Une réponse globale, pas une somme de réponses isolées.
Mickael Brard, 16 juillet 2026
LES IMAGINABLES est une émission pour questionner ce qui est, et imaginer ce qui pourrait être. Pour transformer nos sociétés, on a besoin de les imaginer autrement, sortir des « ce n’est pas possible » ou « il n’y a pas d’alternatives » et de comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont. Agriculture, nourriture, logement, travail, voyages,… Dans chaque émission, on part de notre quotidien pour comprendre comment le monde actuel s’est construit. Puis on s’interroge : et si on faisait autrement? LES IMAGINABLES, c’est une invitation à ouvrir des horizons pour esquisser ensemble un avenir plus vivable, plus juste et plus joyeux... et c'est sur les ondes de CIBL 101,5.
Podcast enregistré en pleine semaine du Podcasthon : pendant 7 jours, plus de 300 animateurs et animatrices de Podcasts se mobilisent pour mettre en valeur le monde associatif et ses valeurs! C’est une belle mobilisation et il était naturel que le Podcast de Masse Critique y participe.
La coopérative se raconte dans ce podcast.
L'équipe de la Maison de l'Innovation Sociale vous donne un aperçu de l'atelier auquel elle a participé, et donne la parole à Benoît, un membre particulièrement actif de la communauté québécoise de La Fresque du Climat et aussi membre fondateur de la COOP Sens Climat.
Les ateliers animés par la COOP Sens Climat ont été créés en France, sauf Municipia qui a été créé au Québec, notamment grâce à un de nos membres fondateurs, Mickaël Brard !
Ces ateliers ont une licence d'utilisation qui permettent aux membres de la COOP de les animer dans un cadre professionnel. Ainsi, nous reversons 10 % de notre chiffre d'affaires à ces associations pour contribuer à la diffusion de ces connaissances scientifiques à plus grande échelle.
Nous avons fait de l'animation de ces ateliers notre expertise, pour vous offrir la meilleure expérience possible.